ARNAQUE : la rupture d’un commun accord

21984302_10212688011468318_334216483_n.jpg(Merci Jéjé d’avoir rendu ce dessin potable)

La rupture d’un commun accord, c’est ce concept un peu désuet qui consiste à se séparer dans le respect et le calme (boriiiiiing). On s’éloigne des grands déchirements passionnels, des invectives que l’on regrettera et peut être même des verres brisés qu’on devra racheter.

Cela ressemble à un compromis idéal, une fin choisie par les deux. On ne s’aime plus, quittons-nous. C’est simple sur le papier. Pourtant la réalité n’en reste pas moins douloureuse.

On a tendance à penser que la séparation ainsi convenue, c’est le gage d’échapper aux sempiternels symptômes post-rupture… C’est FAUX.

Certes, on a fait un choix à deux. Mais on n’en reste pas moins seul comme un chien sur le trajet du retour. Et on va subir la situation pendant les prochaines semaines comme n’importe quel autre rescapé d’une relation amoureuse.

Les symptômes post-rupture, ce sont ces états de délabrement physique où l’on n’est plus que l’ombre de soi-même… Et encore je suis persuadée que mon ombre a meilleure odeur.

Encore hier soir, j’ai abandonné toute estime personnelle en me rendant en soirée en jogging sale et tennis, le cheveux gras et l’haleine fétide. Oui cette haleine venue d’outre-tombe qui sent le désarroi, la solitude (et un peu l’ail), vous la connaissez.

Ce sont aussi ces symptômes ridicules que j’ai essayés de répertorier non sans peine :

(Inutile de préciser que cette liste est looooooin d’être exhaustive.)

Le « SMS » fantôme

Bien que l’ère du SMS soit définitivement morte et que l’on devrait appeler ce symptôme celui du « Message Messenger fantôme », je ne changerai pas ce titre par pur souci de style.

Votre principal interlocuteur de ces derniers mois s’en est définitivement allé… Mais pas ce vieux réflexe idiot qui consiste à vérifier vos messages tout le temps dans l’attente d’une réponse (alors que dans la logique des choses, vous n’avez pas posé de question).

L’invasion de clones de votre ex à tous les coins de rue 

On a beau être à 10 bornes de chez lui, dans un quartier dont il ne connaît probablement pas l’existence, à quatre heures du mat’, l’éventualité pour que l’illustre inconnu qui marche devant vous soit votre ex vous traverse quand même l’esprit.

D’ailleurs en général, vous vous retrouvez à changer de trottoir et à devoir calmer d’inutiles palpitations pour ce lambda qui, du coup, vous dévisage l’œil inquiet.

 Les 50 nuances de tristesse

Se séparer de quelqu’un, c’est aussi redécouvrir une nouvelle gamme d’émotions. On pensait que la tristesse, c’était simplement se sentir vide, chouiner de temps en temps et pis c’est tout. Mais non. C’est un sentiment multiple embrassant bien des subtilités.

Il y a la mélancolie. On repense aux premières semaines si prometteuses quand tout était beau, gnangnan et plein d’espoir. Hugo en parle comme du bonheur d’être triste et il a bien raison.

Il y a la douleur un peu animale. Celle qui vous prend aux tripes. C’est la conséquence d’une sensation vive d’abandon. On vous a ôté un morceau de vous, de votre quotidien, de vos habitudes et même un petit peu de votre palpitant.

Il y a les remords où l’on a un pied dans le passé, un autre dans le présent mais qu’importe la danse, elle est douloureuse. C’est notre cerveau qui boue, ce sont nos durites qui menacent de péter : « Et si j’avais agi autrement, si j’avais été plus drôle, moins lisse, plus intelligente, moins bête ? »

Il y a la douleur de l’égo meurtri qui a quelque chose d’un peu stupide quand on y pense. « Si tu ne m’aimes plus, c’est que je ne vaux rien ». Comme si l’autre était le seul juge de notre level d’amabilité.  LOL.

Heureusement, toute cette palette de sentiments négatifs laisse place, les jours passant, à de nouvelles émotions, de nouvelles joies, des moments d’extase dont on est le seul acteur et auxquels on se raccroche pour mieux rebondir.

L’allergie aux couples amoureux qui ont l’indécence de vous entourer

Le potentiel de rage d’une personne qui vient de rompre est assez énorme. Parfois, j’avais cette impression étrange et pénétrante (big up Verlaine) d’être une vieille aigrie qui s’offusque à chaque démonstration d’affection de ses amis en couple.

« Mais arrêtez de vous aimer et respectez mon célibat ! »

On connaît tous le très fameux « PRENEZ UNE CHAAAMBRE » que cette personne seule et moche gueule en pleine rue sur deux amoureux qui s’enlacent. Cette personne qui prétend indiquer seulement sa gêne mais qui cache en réalité un seum débordant. J’ai été ce monstre. Momentanément évidemment. Parce qu’ils sont niais, mes amis amoureux, mais ils sont quand même mignons.

Heureuse qu’avec le temps va tout s’en va…

(Coucou Léo Ferrrrééé)

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Première fois à la salle de sport…

FullSizeRender (3)Croquis bien crados d’une machine de torture du 21ème siècle.
(ET NON. Je ne sais pas utiliser un elliptique. Ce dessin peut en témoigner.)

Ecœurée par une prégnante odeur de sueur, j’entre pour la première fois dans ce sous-sol aux couleurs criardes et à l’allures démodée.

Des machines qui grondent, des muscles congestionnés qui s’agitent en rythme, des écrans sans son et des musiques supposément entraînantes… Je suis d’emblée prise de nausées que ma sincère motivation peine à calmer.

J’évite les regards. Les épaules recroquevillées, je piétine jusqu’à ce gros engin qui doit me rendre ma stature pré-études de droit. La mise en route se fait non sans difficultés puisque l’étrangeté du mécanisme et mon inaptitude à coordonner mes mouvements se marient péniblement.

– « Quand tu pousses sur la barre avec tes bras, tu embrayes le système et du coup, tu forces plus sur les jambes ». (Le mec essaie de m’expliquer comment fonctionne l’elliptique)

Signes premiers des obstacles prochains qui entraveront mon fabuleux dessein de corps sculpté : ces paroles me sont des plus obscures.

Je me souviens vaguement de quelques bribes de conseils que mon coach me donnent entre deux tentatives désespérées d’humour. Il faut bomber le torse, se tenir droit et inspirer puis expirer.

Inspirer puis expirer… Il est certain que pour vivre, j’inspire et expire. Mais dans quel ordre ?

Fierté de l’âme qui m’a empêchée de lui poser la question… J’en suis maintenant réduite à haleter comme un chien ne sachant plus m’adonner à ce qui fait l’essence-même de mon humanité : respirer.

Je me contorsionne, mon dos craque, mes habits se collent à ma peau, quelques gouttes de sueurs qui perlaient sur mon front s’écrasent contre ma nuque brûlante. Mon être tout entier m’implore d’arrêter ce supplice.

Mais je lutte. Vaillamment. Je conquière de nouveaux cieux. Les minutes passent, les RPM croissent et ma graisse, elle, trépasse. Jamais je ne me laisse troubler par le regard terrifié de ces athlètes trop inquisiteurs. Ce sont mes rougeurs qui leur brûlent les yeux. C’est ma douleur qui semble-t-être la leur. Pourtant, je frôle l’épiphanie. J’ai peut-être l’air d’une enragée mais je suis heureuse. Bientôt épanouie. Dans quelques minutes apaisée, et surtout abrutie par le sauna qui, pour l’instant, m’attend sagement.

Il n’est rien de plus abominable que d’avoir à subir l’ignominie d’un échec à la salle de sport. Pis encore lorsque l’on a choisi de payer, payer à outrance, payer pour mieux se sentir. J’aurais pu m’abstenir et choisir d’économiser pour de plus grands rêves de gloire. Mais n’étant guère maîtresse de ma volonté et préférant l’oisiveté à l’exercice, j’ai préféré me ruiner plutôt que d’engraisser.

 

Et soudain, c’est l’angine.

 

(Moi qui douille sur mon lit de mort ou peut-être « Phèdre » d’Alexandre Cabanel)

Je me suis réveillée dans une mare de bave, la gorge cisaillée, le corps embrasé par quelques fièvres. J’avais peine à retrouver mes esprits tant la violence de mon état empêchait toute clairvoyance. J’étais tremblante au fond de mon lit. Enfouie sous un amoncellement de couettes, j’avais « chaud extrême en endurant froidure » comme le disait si hardiment Louise Labé. Sauf qu’elle parlait d’Amour et non d’Angine.

Irrésistiblement attachée à ma liberté défunte (au moins pour les trois prochains jours), je ne parvenais à accepter mon sort. J’aspirais à un destin grandiose, céleste. À l’état de cendres j’étais réduite, Phénix je voulais redevenir. J’attendais ma renaissance tandis que des salves de morves assaillaient mon corps vulnérable.

J’étais fébrile, mal aimable, détruite de l’intérieur, accablée par mille infortunes que les bienpensants auraient aisément qualifiées d’insignifiantes. D’aucuns parlent de symptômes, je pense à la mort qui agite sous mon regard hagard sa faucille à coup d’éternuements, de frissons et de toussotements impromptus, de grandes suées et de tremblements inopportuns.

Des nostalgies secrètes que l’on porte en soi, j’avais celle d’une santé formidable, d’un cœur battant à fréquence cardiaque moyenne et d’une imperturbable volonté de m’alimenter. D’emplir ma panse et non ma gouaille, de me nourrir et non d’aigrir, d’exister et non d’éternuer. Mais il suffit d’un vent trop fort, d’une accolade trop pathogène ou de lécher la barre du métro pour se retrouver dans les tréfonds de la maladie, abrutie par l’ennui, périssant devant l’écran…

Non, il n’est personne que j’accable puisque c’est dans une épidémie de grippes que je me suis retrouvée assaillie par les germes. Il n’est point d’éloge que je fais aux bienheureux qui de leur santé peuvent encore se vanter puisqu’ils seront les prochains à vaciller quand mon mal sera éteint. Ce n’est point la rage qui anime mes mots mais ce sont mes maux qui enflamment ma verve.

Je m’en vais me coucher, ou me recoucher ou peut-être que je me lève, je n’en sais plus rien.

LA PROCRASTINATION (ancien texte publié puis supprimé puis publié puis supprimé et là du coup…)

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À défaut de briller dans mes études, il est un domaine dans lequel j’excelle : la procrastination.

Mais, c’est quoi la procrastination ?

Comme il me paraît légèrement paradoxal de s’échauffer l’esprit à définir un mot qui signifie en lui-même l’incapacité à s’y mettre, je considérerai qu’il y a consensus autour de ce joli terme.

La « Procrastination » … C’est quand même une dénomination bien pompeuse pour un terme qui ne veut finalement dire qu’une chose : vous êtes un glandu.

Si ça sonne aussi pédant, c’est la faute au –tion qu’elle dit l’Académie française. Un suffixe que l’on utiliserait pour créer des néologismes indigestes par simple volonté de donner à notre discours un air plus savant. Ça clashe sec au Quai du Conti (chez les Académiciens, j’ai vérifié sur Wikipédia, source sûre). Ainsi, si je souhaite donner un peu plus d’épaisseur à mon quotidien, il me suffit de créer une nouvelle langue forgée d’inventions et d’agrément(tations ?). Ambitieux projet. Néanmoins, pour le mener à bien, il faudrait que je sacrifie quelques heures de travail.

Mais passons, j’avais dit « pas de définition » !

 Qu’importe le média, pourvu qu’il me divertisse…

C’est la maxime qui m’accompagne chaque fois que je me sens acculée par le travail.

Il m’a fallu très peu de temps pour découvrir l’existence d’un rapport proportionnel entre quantité de boulot et motivation : plus la masse de travail augmente et plus ma propension à bosser s’amoindrit… (Oui, je suis un génie.)

Tout comme certains pourraient avoir des courbatures après avoir fait trop d’efforts, j’ai de mon côté des maux de dos abominables dus aux contorsions incroyables que je fais pour pouvoir me nourrir ET regarder un écran.

Mais ce n’est pas tout. Mon régime alimentaire de procrastinatrice est semblable à celui d’un athlète. Et oui, de sucres je me sustente également sauf que les miens ne sont pas lents mais rapides.

J’ai conscience que la comparaison entre sportifs et flemmards est absolument honteuse mais elle me permet de donner un peu de panache à mon domaine de prédilection : la glande.

Bref, j’ai la flemme d’écrire plus alors terminons sur une petite citation :

« Le temps perdu ne se rattrape jamais. Alors continuons de ne rien faire ! »

C’est de Jules Renard d’après le site de citations du Figaro hum et oui je viens de faire l’apologie de la flemme.

Notice pour faire un bon commentaire sur Spotted Assas.

Terrain d’élection de nos camarades à l’humour acerbe et la plume fertile, les commentaires assassiens sont devenus une véritable institution. Si certains y voient un moyen pour l’être frustré de rallier à sa cause multitude d’autres souffreteux, d’autres y perçoivent l’occasion d’un exercice de style plutôt plaisant. Le problème du commentaire, c’est que sa perspicacité est proportionnelle à l’humiliation infligée à l’innocent spotteur.

Mais point de jérémiades.

Vous êtes démuni dans cette fac qui abrite tant de génies de l’humour ? Vous voulez rivaliser avec ces grands esprits mais vous n’y parvenez pas ?

Voilà une petite notice qui devrait vous montrer la voie :

Vous êtes supérieur. Auto-persuadez vous et ce même si vous avez des doutes. Les doutes c’est pour les faibles. Vous, vous êtes au-dessus. Il s’agira de s’appliquer à bien rappeler au spotteur son infériorité. Cette mise en condition est nécessaire pour écarter tout scrupule de votre esprit.

Vous vous placez forcément en opposition avec le spotteur. Conséquence directe de votre supériorité, le spotteur idiot a forcément tort. Il soutient un professeur, descendez-le. Il aime les brunes, les brunes c’est nul. Tout est matière à contredire. J’irais même plus loin : le monde entier est plein de contradictiooons.. (cf Emilie de Secret Story 3, parolière d’exception)

Vous maitrisez parfaitement l’orthographe et la grammaire française. Vous n’avez jamais fait de faute, et si un jour cela vous est arrivé, vous vous êtes autoflagellé pendant huit heures.

Très important puisque 98% des commentaires consistent à renvoyer le spotteur au lycée ou à le prévenir d’un éventuel redoublement. (Douce intention).

Vous êtes direct. Voire un peu brutal. Vous ne mâchez pas vos mots et n’hésitez pas à faire des phrases succinctes et un brin péremptoires. « C’est de la merde. » par exemple.

Vous êtes un peu grivois. Dans la mesure où il est impératif de jeter le discrédit sur l’auteur du spot en séduisant l’audimat, n’hésitez pas à suivre les sentiers battus. Le sexe, ça VEND.

Vous êtes subtil. Jamais lourd.

Voilà vous avez toutes les cartes en mains pour devenir le parfait commentateur de Spot, à vous de jouer maintenant.

Rares sont ceux qui osent répondre aux commentateurs. Car après tout rebondir sur une réaction à un post, ce n’est pas nourrir le circuit infernal de la discorde ?

Ces fous-là, sont-ils des justiciers ou de simples pervers ?

Quid de la prise de note ?

Section 1 :  la prise de note 

§1 Ses caractéristiques

A. Son caractère nécessaire 

1. Le principe du “sans cours, pas d’année”

  • L’explication :

De ce principe quelque peu réducteur considérant le caractère simpliste des termes employés découle une véritable logique que l’on peut saisir a contrario. On pourrait traduire cette maxime par un raisonnement simple mais efficace : si je vais en cours, je peux réviser proprement par conséquent je valide mon année.

  • L’application :

Pour assurer une prise de note efficace, l’étudiant doit donc se rendre en cours. Pour se faire, il doit emprunter un moyen de transport adéquat afin d’accéder à son établissement universitaire.

Ex : le cas de notre université. En vertu du plan de métro chiffonné aux confins de mon sac, le centre Assas est accessible par les lignes 12, 4 de ce dernier et 83, 84 du Bus.

Néanmoins, ce principe connaît quelques tempéraments.

2. Les tempéraments :

Il en est deux principaux.

  • Les échanges de bons procédés

Ils s’apparentent à des contrats amicaux peu risqués. Parce qu’il faut une confiance absolue en la personne qui prend le cours, ils sont généralement conclus entre des individus issus d’un même groupe d’amis.

Ils concernent surtout les matières dites “petites”. Une appellation des plus étonnantes quand on sait que certaines peuvent atteindre près d’une centaine de pages.

  • Le recours aux vieux cours de 2014

C’est un procédé plus risqué. il est utilisé lorsqu’aucun ami ne s’est dévoué pour assister à un cours.

Les dangers sont nombreux : des changements inopinés de plan, de nouvelles lois et jurisprudences surgissant de nulle part (bah oui le droit, ça évolue), un professeur différent.

Le meilleur moyen reste encore d’assister aux cours car cela permet d’obtenir directement les éléments indispensables à la réussite. Mais l’assiduité n’appelle pas nécessairement la précision. Cette lacune s’explique par différents facteurs que nous allons étudier dès maintenant.

B. Son caractère imprécis 

Déjà en 1932, le Doyen Carbonnier, à l’occasion d’un déjeuner sur les marches de notre université, a cette phrase solennelle qui restera gravée dans les mémoires* : “J’ai relu mon cours, j’ai rien compris, ça veut rien dire

Le droit est par nature compliqué mais lorsque la prise de note est mal faite, que les phrases ne sont pas finies et que le vocabulaire usité est sapé (comme jamais), il devient cauchemardesque.

Qu’est-ce qui est à l’origine de l’imprécision de la prise de note ?

Commençons par une raison évidente, primaire et essentielle ( qui décharge grandement l’étudiant): la rapidité du professeur.

 La doctrine s’efforce par ailleurs à faire reconnaître l’absence de concentration comme motif d’entrave à la clarté de la prise de note. Cette consécration est critiquable néanmoins il convient d’en parler.

En aucun cas, la mauvaise foi et le caractère estudiantin de l’auteur du texte ne motivent ce point de vue.

1. La rapidité du professeur 

Le 3 avril 1981 sort l’Osborne, le premier ordinateur portable qui met fin à la jurisprudence établie quant au calcul du rapport  “dictée du professeur/prise de note de l’étudiant”. Le critère de l’écriture manuscrite est donc abandonné au profit de celui de l’écriture informatique.

Jusqu’en 1981, le professeur doit prendre en compte le fait que l’étudiant a pour seuls outils ses mains, son petit stylo et quelques feuilles de papiers. De ce fait, il prend son temps, cajole ses auditeurs et ne les brusque pas.

Aujourd’hui, il arrive que certains professeurs confondent la machine et l’étudiant. Par conséquent, ils ne respectent même plus le principe de non célérité relatif au débit de parole.

Ce principe est lui-même rattaché aux droits fondamentaux de l’Élève qui sont les suivants : le droit de consulter ses sms librement, le droit de finir sa série favorite, la liberté d’expression entre camarades.. etc.

2. Le manque de concentration 

Il se traduit par des absences prolongées d’attention de la part l’élève.

On retrouve la trace écrite de ce dernier par des mentions récurrentes de type “manque cours” ou “à rattraper” dans les prises de note.

  • Les raisons :

Elles sont intimement liées au contexte extérieur et peuvent être de nature directe ou indirecte.

– les raisons directes : tentative de dialogue avec votre voisin de droite, réception d’un message urgent de votre meilleur ami, arrivée soudaine d’un élève lors des quinze dernières minutes de cours, éternuement inopportun d’un individu à quelques mètres de vous.

– les raisons indirectes : la pollution estudiantine qui se traduit par les conversations parasites de vos voisins (bah oui quand c’est les autres, c’est chiant) et qui tend à s’amplifier à partir d’une certaine heure. On fixe le délai à 6 heures de cours d’affilée. Pour d’autres, quarante-cinq minutes suffisent.

Pour conclure, il est difficile de pallier le caractère imprécis de la prise de note. Il convient donc à l’étudiant de trouver un moyen efficace de combiner le caractère nécessaire de cette dernière avec l’imprécision qui semble lui être inhérente.

* : j’ai définitivement pété un plomb, désolée.

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Les Autres…

Le monde est cruel et les gens sont cruels. 

Je vais partir de ce principe terriblement manichéen pour mieux étouffer les derniers scrupules qui m’empêchaient d’écrire ce texte. Il est un mystère que je ne parviens pas à élucider mais qui m’a toujours obsédée : l’Autre.

Ma première passion, c’est de scruter le comportement des autres. Je ne juge pas, j’observe. Ma mère se plaît à dire qu’enfant, je passais de longues minutes depuis mon berceau à contempler avec soin les adultes. Sans comprendre grand chose (j’imagine), je m’imprégnais des réactions, des mimiques et des paroles qui ne devaient ressembler qu’à un magma de sons plus ou moins mélodieux.

Mon plus grand malheur doit correspondre au moment où j’ai commencé à saisir le sens des mots. Ce fut mon premier contact concret avec l’extérieur en dehors des bisous baveux de mes parents. Les mots ont commencé par me blesser, synonymes d’ordres, d’obligations, de reproches. Puis je les ai apprivoisés. Doucement ils se sont détachés de leur utilité première -interagir avec les autres- pour n’être plus qu’un jeu intime entre ma pensée vagabonde et moi. Alors que je les comprenais de mieux en mieux, je m’éloignais des autres.

Ostracisée par mon propre système de pensée, je me suis longtemps tenue à l’écart. Longtemps je me suis empêchée d’agir, effrayée par les conséquences de mes actes. La spontanéité des réactions des autres me blessait aussi bien parce que je connaissais parfaitement le mécanisme de leurs réponses que parce que je ne parvenais pas à légitimer leur comportement. Le concevoir, oui. Le justifier, non.

Puis j’ai  grandi. J’ai compris qu’il était impossible d’évoluer toute seule. Qu’une action n’est pas indépendante, qu’elle est le fruit d’une réflexion antérieure et qu’elle cherche une conséquence. Ce fut alors plus simple de pardonner et de faire des concessions. Ainsi en grandissant, je me suis mêlée aux autres. J’ai quitté mon cerveau, ce vaisseau confortable qui commençait à sentir le renfermé pour rejoindre la Planète Terre. Et l’expérience fut bonne.

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